Les inégalités à l’épreuve de la pandémie de COVID-19

Lors de la pandémie de COVID-19, les gouvernements ont mis en place un certain nombre de mesures sanitaires, dont le confinement ou semi-confinement en Suisse, afin de limiter la propagation du virus. Ces mesures ont touché l’ensemble de la population. Toutefois leur impact s’est avéré très différent selon les groupes sociaux, dans la mesure où les individus ne possédaient pas les mêmes ressources afin de se protéger de la crise et de ses conséquences. La crise sanitaire a ainsi visibilisé les inégalités, dans le sens où les différentes expériences vécues lors de cette période témoignent d’inégalités sociales préexistantes à la crise. De plus, la crise a exacerbé les inégalités, puisque les écarts de ressources ont produit des conséquences (économiques, psychologiques et sanitaires) à la gravité fortement variable selon les groupes sociaux. En d’autres termes, la crise sanitaire témoigne du cumul des inégalités sociales et sanitaires.

Ces constats interrogent la capacité de nos sociétés à protéger efficacement la population en situation de crises et amènent à se questionner sur les décalages entre les idéaux de justice et les réalités concrètes vécues par les individus. En même temps, les nombreuses initiatives qui ont vu le jour dans la société civile ou qui ont été mises en place par certains organismes étatiques montrent une sensibilité et une attention à l’égard de ces inégalités. Ces actions témoignent d’une capacité à développer des aides d’urgence et des formes de soutien aux personnes plus démunies.

Ce module vise à sensibiliser à cette question en introduisant les visiteurs et visiteuses à différents concepts concernant les inégalités sociales. Par ailleurs, deux exemples à Genève et en Suisse particulièrement marquant à cet égard sont traités. Le premier exemple concerne la mise en visibilité d’une grande précarité économique de certains groupes sociaux à Genève, avec la distribution gratuite d’aide alimentaire à la patinoire des Vernets. Ce dispositif a consisté à distribuer gratuitement des sacs de denrées alimentaires à des personnes vulnérables (notamment des personnes sans statut légal de séjour) qui se sont retrouvées dans une forte précarité économique, dans la mesure où les mesures de confinement ont eu pour effet de diminuer leur revenu, voire leur ont fait perdre leur travail.

Le second exemple concerne les inégalités de genre liées aux mesures sanitaires en Suisse. En effet, les mesures de confinement ont affecté plus négativement les femmes que les hommes. Au niveau économique, d’abord, elles ont plus souvent subi une diminution de leur activité professionnelle, une baisse de revenus, et une difficulté à obtenir des aides financières de l’État. Au niveau du foyer, elles ont pris davantage en charge les tâches domestiques, notamment celles liées au fait de s’occuper des enfants à la suite de la fermeture des écoles. Au niveau sanitaire, enfin, les femmes étaient plus représentées dans les métiers « au front » de la pandémie pour lesquels le télétravail n’était pas possible (les soins et la vente, par exemple), résultant ainsi en une plus grande exposition aux risques de contamination.